Programme du module 2.3

À la fin du module 2.3, l'élève doit faire preuve des compétences suivantes :

  • savoir reproduire de façon correcte les idées centrales des textes faisant partie de la lecture obligatoire
  • savoir analyser ad hoc un texte inconnu, mais relatif à la matière, selon les critères spécifiques de la branche
  • connaître les questions/problèmes fondamentaux du dossier
  • savoir conceptualiser et expliquer certaines notions-clefs du dossier
  • savoir établir des liens entre des concepts différents du dossier

Manuels et supports de cours

Tous les supports de cours se trouvent en ligne.

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Light - Manuel de philosophie (extraits, consultez les pages 57-74 seulement)
Classes de IIe (A, D et G) et Ire (E et F) [Module 2.3]
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Le programme concis du module 2.3

MODULE « ESTHÉTIQUE »

QUESTIONS FONDAMENTALES :

  • Qu’est-ce qu’une œuvre d’art ?
  • Qu’est-ce qu’un artiste ?
  • Qu’est-ce que le beau ?
  • Le jugement de goût est-il universel ou relatif ?
  • Quelle est la fonction de l’art ?
  • Quel est le rapport entre une œuvre d’art et le réel ?
  • L’art est-il représentation ou expression ?

 

POSITIONS CLASSIQUES :

A. LES THÉORIES DE LA RÉCEPTION : universalité et relativité du jugement de goût

B. LES THÉORIES DE LA CRÉATION : le génie et le déclin de l’aura

C. LES THÉORIES DE L’OEUVRE : esthétique idéaliste (romantisme et modernité)

D. LA FONCTION DE L’ART : fonction éducative de l’art chez Platon et Aristote

E. LES THÉORIES INSTITUTIONNELLES DE L’ART

 

QUELQUES RÉPONSES :

A. LES THÉORIES DE LA RÉCEPTION : universalité et relativité du jugement de goût

La rupture entre l’art contemporain et son public appelle à la théorisation de la pratique artistique.

L’art comme relation à trois termes : l’artiste, l’œuvre, le public.

Trois approches théoriques : les théories de la création (problème : art et/ou technique) ; les théories de l’œuvre (problème : forme/contenu) ; les théories de la réception (problème : la faculté de juger esthétique, l’interprétation des œuvres d’art). [Herman Nohl: Die Kunst und das Publikum]

 

Le relativisme/subjectivisme du jugement de goût et son actualité.

Réfutation du relativisme : la concordance entre les jugements des critiques – explications.

La théorie du « sens naturel » : il y a des conditions objectives de la beauté idéale, elles sont liées aux propriétés de l’objet et à la structure des organes sensoriels.

L’élitisme esthétique comme conséquence de cette théorie : naissance de l’expert ; nécessité d’une éducation esthétique ; l’art exige des lieux de réception et de production privilégiés, coupés du monde extérieur. [David Hume: Der ästhetische Gemeinsinn]

 

Particularité du jugement de goût selon Kant : la « satisfaction désintéressée » rend possible une « subjectivité universelle ».

Conséquence pour l’art: autonomie vs hétéronomie de l’art; l’art pour l’art; idée du progrès dans l’art: chaque art, libéré des contraintes de la représentation, est à la recherche de son essence véritable, de sa singularité, ainsi «l’essence du modernisme tient à l’usage des méthodes caractéristiques d’une discipline afin de critiquer cette discipline même» (C. Greenberg) ; séparation entre art et vie: la distance (rupture) esthétique (l’attitude esthétique) rend possible l’amoralité de l’art, l’éclectisme (post-)moderne, la provocation de ceux qui ignorent cette distance; fonction de l’art autonome – l’art comme résistance. [Immanuel Kant: Das interesselose Geschmacksurteil]

 

B. LES THÉORIES DE LA CRÉATION : le génie et le déclin de l’aura

Le concept du génie : création déréglée sous l’impulsion de l’enthousiasme (phénomène proche de la folie) ou simple talent de créer des œuvres exemplaires ?

Problème de l’originalité en tant que valeur absolue : l’impasse de la quête de l’originalité. [Immanuel Kant: Schöne Kunst ist Kunst des Genies]

 

Critique du culte du génie : il n’y a pas de création ex nihilo ; tout artiste agit dans un contexte ; impossibilité de rompre « avec tout » ; le génie ne fait que chercher des matériaux et les travailler. [Friedrich Nietzsche: Inspiration und Genie]

 

Les conséquences de la révolution industrielle sur l’art : l’influence des techniques de diffusion modernes sur l’œuvre d’art.

Le déclin de l’aura et ses effets : l’appauvrissement des expériences esthétiques et la démocratisation de l’art (réception contemplative vs réception collective dans la distraction). [Walter Benjamin: Technische Reproduzierbarkeit]

 

C. LES THÉORIES DE L’OEUVRE : esthétique idéaliste (romantisme et modernité)

Esthétique idéaliste : l’œuvre d’art comme apparence (symptôme, manifestation, représentation sensible) de l’idée.

L’œuvre d’art comme expression de son temps (l’art qui rompt avec le beau exprime la déshumanisation de la société).

L’authenticité de l’expression comme valeur centrale.

Une représentation adéquate de l’irreprésentable est-elle possible ? – le romantisme : chaque œuvre n’est qu’un fragment de l’impossible représentation complète de l’idée – immatérialité de l’œuvre véritable comme conséquence de l’idéalisme (naissance d’un art conceptuel). [Hans Leisegang: Die Idee des Kunstwerks]

 

L’idée esthétique en tant qu’idée « inexponible » (Kant) [Immanuel Kant: Die ästhetische Idee]

 

D. LA FONCTION DE L’ART : fonction éducative de l’art chez Platon et Aristote

L’apparence esthétique : appréciation négative de l’art comme création d’illusions (l’art produit des faux-semblants qui détournent l’attention de la réalité et de l’essentiel) et la réglementation de l’art au service de l’État (fonction néanmoins éducative de l’art) chez Platon.

Le concept de la mimesis.

Le potentiel corrosif, subversif, dérangeant de l’art. [Platon : L’art comme imitation]

 

Défense de l’imitation - appréciation positive de l’art comme imitation chez Aristote.

Imitation non pas de ce qui est, mais de ce qui devrait ou pourrait être.

La catharsis : fonction psycho-hygiénique de l’art. [Aristoteles: Nachahmung und Läuterung]

 

E. LES THÉORIES INSTITUTIONNELLES DE L’ART

La rupture avec le contexte quotidien permet la « transfiguration » de l’objet banal. La perception d’un objet change s’il est présenté hors de son contexte usuel.

Aucun objet n’est en soi une œuvre d’art, il n’y a pas de traits sensibles qui distinguent l’objet dit « d’art » d’autres objets du monde physique, c’est le contexte qui incite à le voir comme tel. Seul le contexte socioculturel, l’interprétation, « l’atmosphère de théorie esthétique », le « climat » créé par le « monde de l’art » permet d’identifier un objet comme œuvre d’art. [Walter Biemel: Pop-Art und Lebenswelt]


Organisation des modules de philosophie en classe de IIe

Tous les élèves doivent passer deux modules en classe de IIe bien qu'il y en ait trois au choix :

  1. Initiation à la philosophie
  2. Anthropologie
  3. Esthétique

 

Il est toutefois recommandé de commencer avec le module 2.1 proposé lors des sessions S1 et S4.